Sur la RD 1113
Monument Inscrit aux Monuments Historiques ;Jardin à la Française d'origine;
Patrick BAYLE 05 56 48 16 09 06 07 24 47 39
Le château est visible depuis la voie publique, la visite des abords de la propriété est possible à l’occasion de manifestations telles que Journées du Patrimoine …
Selon L. CHAVIER,« les demeures à pavillon dans les Graves aux XVII° et XVIII° siècles »DEA 1996


Propriété du Duc de Rolland en 1777, président du Parlement de Bordeaux, un des successeurs de Montesquieu à ce poste et guillotiné avec les Girondins en 1793.
Cagliostro, quand il rendait visite à son ami le Marquis de Rolland au Château des Rochers à Preignac, prédisait des horreurs pour les années futures...( sur notre site )
Jardins à la française d’origine;
Visite payante : 5€ du 15/7 au 15/10 sur rendez-vous
Texte de Florence Mothe pour les Routes Montesquieu : Edifié en 1777 pour un célèbre Illuministe, disciple de Cagliostro, le Comte de Rolland peu avant la venue à Bordeaux du Grand Cophte, le Château des Rochers est un édifice symbolique d’une grande beauté situé entre cour et jardin et présentant un corps de logis flanqué à chaque extrémité d’un pavillon peu saillant. La cour, entièrement close, renferme une ornementation lapidaire ésotérique dont on retrouve la marque dans le jardin arrière inspiré par les mêmes préoccupations baroques.
Extrait de la page 129 de l'ouvrage de Florence Mothe : « lieux symboliques en Gironde, trois siècles de franc-maçonnerie à Bordeaux ».
Le château des Rochers, demeure du chevalier de Rolland à Preignac, présente une remarquable construction en double équerre sur laquelle est adossée une autre construction. On notera que l'adossement s'effectue le long de la partie la plus courte soulignant le caractère dynamique de l'ensemble. Le parc du château des Rochers a conservé son caractère de jardin à la française et s'orne de nombreux motifs lapidaires. Il se poursuit jusqu'à la Garonne où il bénéficie d'un port privé doté d'une admirable grille de fer forgé.
Dans le jardin du zodiaque , le promeneur s'attend à voir surgir des buissons quelque dieu ou déesse...( page 304 pour le " compagnon")
Ci dessous par Laurent CHAVIER, « les demeures à pavillon dans les Graves aux XVII° et XVIII° siècles »DEA 1996
Le château des Rochers est implanté en bordure de la nationale 113, juste à l'entrée nord-ouest du village de Preignac (carte n° 6). Au cours du XVIIIe siècle, le domaine changea au moins trois fois de propriétaire.
En 1739, la veuve de "Messire Henry Daugeard, Chevalier conseiller du Roy, Président à Mortier au Parlement de Bordeaux" vendit une première fois la propriété à Jean de Verthamon "Seigneur de Saint-Fort, Saint-Jean Dangle, Saubemet, Lacouture et autres lieux, Conseiller en la Grande Chambre du Parlement de Bordeaux". Le domaine se composait "d'une maison, chays, cuvier, cour, parterre, jardins, allée d'ormeaux, vignes, terres labourables et autres possessions, tout en un tenant situé au lieu appellé à la Begone ... "(36).
A son tour, le 4 juin 1760, Louis de Verthamon, fils de Jean, la céda à Jean Biés "Ancien Garde du Roy et Bourgeois de Bordeaux". TI nous faut noter que l'acte notarié ne parlait plus de simple "maison" mais de "maison du maître "(37).
Finalement, Jean François de Rolland "Conseiller au Parlement de Bordeaux" rachetait la propriété à Jean Biés au début du mois d'octobre 1765, pour la somme de 31800 livres(38). A cette date, la description des terres et des bâtiments donnée par la minute notariale ne différait en rien des deux précédentes.
En 1777, Jean François de Rolland devenu marquis et président au Parlement de Bordeaux fit construire le château actuel, englobant dans les communs certains éléments des constructions antérieures. Le président mourut en 1794 sur l'échafaud révolutionnaire (39). Cependant, le château restera entre les mains de la famille Rolland jusqu'aux lendemains de la seconde guerre mondiale.
Les bâtiments s'organisent suivant un plan en U encadrant une cour rectangulaire, fermée du côté de la route par un haut mur percé en son centre d'un portail monumental (fig n° 70). De part et d'autre de la cour, se déploient
(36)A.D.GlR : 3 E 12051 Notaire: Treyssac
(37) A).D.GIR : 3 E 24396 Notaire : Faugas
(38)A.D.GIR3 E 5518 Notaire: Duprat
(39) A.Rebsomen : La Garonne et ses Affluents p 238
les ailes des communs faisant le lien entre le mur de clôture et le logis du maître. Deux tours rondes à toit .conique disposées à intervalles réguliers encadrent un porche sur chacune de ces ailes (fig n° 71).
Le logis a toutes les apparences d'une "chartreuse". Le corps de bâtiment rectangulaire relativement bas, couvert de tuiles, est flanqué de deux pavillons carrés coiffés de combles à pans brisés d'ardoises. n est ordonnancé suivant un nombre impair de neuf travées sur sa façade postérieure, sept dans la partie centrale, une sur chaque pavillon (fig n° 72). Côté cour, le nombre de travées est réduit à sept, celles des pavillons ont disparu du fait de l'adjonction des ailes en retour d'équerre dans leur prolongement (fig n° 73).
Au centre des deux façades, un avant-corps de très• faible saillie est couronné d'un fronton triangulaire, reposant sur des pilastres doriques ornés de chaînes à refends (fig n° 74). En son centre, la porte d'entrée s'inscrit à l'intérieur d'un arc plein cintre, retombant sur des pilastres doriques. Sa forme arrondie contraste avec le reste des baies de forme rectangulaire, à l'exception des lucarnes des pavillons. Son accès s'opère par l'intermédiaire d'un degré à pans abattus, modèle fréquemment usité dans la région. Les angles des pavillons sont eux aussi, tout comme la partie centrale, soulignés de chaînes.
L'intérieur comprend des pièces disposées en enfilade, sur toute la longueur de l'édifice.
Au devant de la façade postérieure, une allée conduisant à la rivière avait été aménagée, de chaque côté des fontaines animaient ce chemin.
L'ensemble du bâtiment ne présente pas un grand caractère architectural. De conception simple et rigoureuse, il n'offre qu'un exemple supplémentaire de chartreuse. Cependant, il nous faut noter l'introduction discrète d'éléments néo-classiques, comme ce grand fronton triangulaire sommant la partie centrale de l'édifice. Ce type de maison est extrêmement répandu à travers la campagne girondine dans le dernier tiers du XVIIIe siècle. Nous pouvons citer pour comparaison le château Mougeont à Sainte Eulalie ou bien encore le château Tauzia à Gradignan par exemple. Mais les éléments antiquisants au château des Rochers restent limités en rapport aux domaines précédemment cités.
Au XVllI e• siècle, les parlementaires possédaient la plupart des domaines viticoles. La famille Denis fit bâtir son château à Cérons, qui passa au cours du siècle entre les mains d'une autre famille de parlementaires les Calvimont. Suduiraut revint à un neveu de notre Premier Président, Joseph de Roy de Suduiraut, qui occupait la même charge. Jean François de Rolland, Président au Parlement de Bordeaux acheta le domaine des Rochers à Preignac et fit édifier un château. Les autres propriétés restaient dans les mêmes familles, mais les reconstructions furent nombreuses.
Les négociants enrichis par le développement du commerce surtout au XVIII° siècle tentaient eux aussi l'expérience du vin ou du moins de la vie à la campagne. Ils furent nombreux, surtout dans la seconde moitié du XVIII° siècle, à acheter ou à faire construire un château présentant une struture à pavillon. Dans le Sautemais le plus célèbre d'entre eux étant Elysé Nairac dont le château situé à l'entrée de Barsac témoigne encore de la richesse de son commanditaire. Le château Mongenan à Portets fut racheté deux fois de suite par des négociants, les frères Bruns en 1760, puis Lucas Lukens en 1770.
Les biens ecclésiastiques présentant une structure pavillonnaire restèrent rares. Saint-Amand, à Preignac, fut une ancienne propriété des Chartreux, le château Doms à Portets présentait des antécédents religieux sans que leur nature exacte soit connue. Nous pouvons y rajouter Belin à Léognan qui aurait servi de presbytère. Mais ce sont là les seuls exemples. Peut-être que les religieux en tant qu'hommes d'église, ne jugèrent pas nécessaire d'afficher la primauté de leur ordre par l'intermédiaire d'un pavillon.
L'évolution observée à partir des quelques domaines étudiés dans les Graves pourrait facilement se vérifier dans l'ensemble de la campagne bordelaise pour tous les types de châteaux. A la fin de l'Ancien Régime, les propriétaires terriens n'étaient plus, dans leur grande majorité, que des parlementaires ou des négociants.
fin de l'extrait de CHAVIER DEA 1996
à voir également dans le village de Preignac :
Le Château de Malle et son admirable jardin à l’italienne à nymphée et aux groupes sculptés représentant les Neuf Sœurs, le Château Suduiraut et ses jardins dessinés par Le Nôtre