* Quelle diversité dans les domaines appartenant à Montesquieu !

trace des nombreuses possessions de l'écrivain ; Jean Lacouture

vie et moeurs au temps de Montesquieu ; Baurein

le ban des vendanges ; Dormontal

droits seigneuriaux

les bornes

la carte de la Route de Montesquieu

et à Bordeaux

 

 

* la Louvière, Couhins, Cruzeau, Menaut ...

On retrouve trace des nombreuses possessions de Montesquieu en des lieux situés sur nos communes actuelles de La Brède, Martillac et Saint Morillon, bien sûr, mais aussi Saint Selve, Beautiran, Léognan, Cabanac, Saucats, quelques îles à Cadaujac, Léognan , Isle Saint Georges, au point qu’un contemporain a pu écrire « Il n’est pas une demeure, un champ, une vigne, une touffe d’herbe dans cette région qui n’appartiennent pas à M. de Montesquieu. »

Lorsqu'il ne voyageait pas, il aimait se préoccuper des soins à la vigne et au vin et en acquérir les connaissances techniques ; par exemple, contre la madérisation, il préconisait un mélange de lait, de sable, de sel ; contre une fermentation intempestive, certainement pas de bisulfite, mais de l’orge, du fenouil, du blé, du sel …et pour le collage, de la colle de poissonI. l produisait du claret, clairet, ou claré, un vin peu coloré provenant de la cuvaison de vendanges blanches et rouges mélangées (ce qui n’est plus autorisé du tout aujourd’hui ! )

Extrait ci après de JEAN LACOUTURE, les Vendanges de la Liberté (éditions du Seuil)

La « ruralité » de Montesquieu est très loin du « sentiment de la nature » qui fera la gloire de Rousseau ou l’agrément de Marie Antoinette. Le maître de La Brède aime sa terre, d’abord en propriétaire exploitant, ensuite comme lieu de beauté et retraite où penser, lire et écrire. Il s’y fait un cadre de vie méditative et studieuse, mais à partir d’une terre de rapport traitée comme telle, avec sérieux et compétence. On l’a dit à propos de la vigne, première servie. On le répétera à propos des champs et des bois.

 

C’est un bien beau domaine, à vrai dire, et bien au-delà du château et du parc, qu’il a hérité des siens . L’imposante bâtisse médiévale n’est en effet que le « chef-lieu » d’une seigneurie qui tenait en sa vassalité les fiefs de Martillac et de Saint-Morillon, de Léognan et d’Olivier, de l’Isle-Saint-Georges, de quelques îles aux bords de la Garonne, de Saint-Selve et de Saucats. Du point de vie agricole, et compte tenu des vignes dont il est amplement question, le domaine se composait de prés, de bois, et de cultures céréalières.

 

fin de citation

 

Du bocage au vignoble… synthèse SIGM

Montesquieu avait de nombreuses possessions au-delà de sa baronnie de La Brède. Propriétaire notamment des îles sur la Garonne au large de Cadaujac, on imagine mal qu’il n’ait pas parcouru ce bocage et le vignoble qui l’entoure.
Ce vignoble est parmi les plus anciens.
Des documents attestent qu’au temps de Montesquieu, et bien avant, à Saint-Médard-d’Eyrans et à Ayguemorte existaient déjà les vignobles aujourd’hui exploités par Château d'Eyrans, Château le Bruilleau, Château de Cruzeau, Domaine de Ferrand, Château Méjean, Château Lusseau, Château Saint-Gérôme.

À cette époque les disettes étaient fréquentes.

«La nourriture commune des paysans est de pain de seigle, la cruchade ou bouillie de maïs, et quelquefois, mais rarement, celle de bled sarrasin. Le cochon et la morue sont les mets favoris. Le vin est la boisson chérie des paysans pauvres et riches : aussi l'ivrognerie est-elle le vice par excellence.
Vie et mœurs au temps de Montesquieu
BAUREIN - Variétés bordelaises - 1786

L’hiver 1709 fut rigoureux. Il fallut , pour se nourrir, moudre des glands, de l’avoine, de l’asphodèle, du lupin, du sénevé pour « faire du pain », et pendant ce grand hiver, le vin gelait dans les barriques… Cependant étendre le vignoble demeurait la priorité, « quasi obsessionnelle » (sic), des propriétaires dans l’exploitation de leurs terres. Aussi, l’Intendant Boucher envisagea-t-il d’arracher toutes les vignes plantées depuis 1709 dans la généralité de Bordeaux, à l’exception des Graves du Médoc, Graves de Bordeaux et des Côtes. Il avait à faire face à l’impérieuse nécessité que la terre produise de quoi nourrir hommes et bêtes.
L’opiniâtreté de Montesquieu à s’opposer à l’Intendant aura laissé toute une littérature.... Les pays de pâturage et de terres à blé ne nécessitent que peu de bras, tandis que la vigne, à elle seule, contribue par ses « exigences » à l’entretien de la vie d’une population nombreuse, où la famille entière trouve son emploi, depuis l’enfant jusqu’au vieillard . »

 


« Le ban des vendanges » : au son des cloches, une « Route des vins » … déjà!

« Après mille vicissitudes, Montesquieu voyait arriver le temps des vendanges… Les « treuilhs banaux », les pressoirs seigneuriaux entrent en branle. Les cloches de Bordeaux, prolongées par celles des paroisses, donnent le signal annuel: « le ban des vendanges ». Leur écho immémorial retentit jusqu’aux confins du pays viticole. Partout tintent gaiement ces carillons d’alléluias ! Ils vibrent et se propagent de cru en cru, de manoir en château, de ferme en chaumière. C’est le ralliement autour de la vigne… Par-dessus la mer frissonnante des pampres, au-delà de la vigne brédoise, les cloches argentines de Sauternes, « pays des nectars et des gemmes», répondent à celle du pays des Graves. Elles prolongent ensemble l’invincible harmonie de l’annonciade, vers les finages du Médoc et de Saint-Emilion... »
( Charles DORMONTAL: « Montesquieu et l’Amour » - Revue des Indépendants - Paris - 1940)

* Les droits seigneuriaux

Charles-Louis de Secondat, écrivain et philosophe, (1689-1755), originaire de La Brède, possédait entre autres titres ceux de Seigneur de Montesquieu et de Baron de La Brède. Ces titres honorifiques correspondaient en fait a une réalité foncière. Au 16ème et au 17ème siècle une « seigneurie » désignait une propriété composée d’un domaine foncier ou « terre » et d’un « fief » qui n’appartenaient pas forcément à la même personne (noble ou roturier). Le fief était un ensemble complexe de droits sur les hommes et la terre, en particulier le droit de justice (haute, moyenne ou basse). Le droit de banalité était celui par lequel le seigneur pouvait contraindre ses sujets à utiliser, le four, le moulin et le pressoir banaux et se rétribuait en prélevant une partie des produits. Seigneurie et communauté paroissiale ne correspondaient pas toujours car le territoire d’une seigneurie pouvait être groupé ou éclaté géographiquement (du fait d’alliances successives depuis le Moyen Age). Une seigneurie pouvait donc recouvrir plusieurs paroisses et inversement, une paroisse pouvait avoir plusieurs seigneurs (c’est le cas de la paroisse de Martillac). Tout seigneur qui réunissait sous sa domination, les droits de justice de plusieurs paroisses ou terroirs, attachait, suivant un usage reçu, le titre de Baron à son nom. Le terme de Baronnie désignait les seigneuries et les terres d’un baron et prenait le nom de là où il faisait sa résidence principale (c’est le cas de la Baronnie de La Brède où résidait Montesquieu). La Seigneurie de La Brède, partie de la Baronnie de Lalande créée par Jean de Bordeaux (appelé plus tard Jean de Lalande), s’étendait sur une partie des paroisses de Cadaujac, Villenave d’Ornon et la partie sud de celle de Martillac. La ville de Bordeaux avait acquis les terres du comté d’Ornon en 1409. Sur la commune de Léognan, Bordeaux possédait donc des terres contiguës à celles de Martillac dont Montesquieu avait hérité de ses ancêtres maternels Lalande.

Philippe Delpech SIGM

 

* les bornes de Montesquieu

Des recherches sur le terrain ont permis à ce jour de retrouver quelques unes de ces bornes entre les communes actuelles de Saucats, La Brède, Léognan .Elles sont taillées dans un matériau classiquement utilisé dans la région : le « calcaire à Astéries ». Il s’agit d’un calcaire sableux d’origine marine, daté d’environ 30 millions d’années, riche en débris d’oursins et d’étoiles de mer. Orientées dans l’espace, ces bornes possèdent 2 faces gravées d’un symbole ou d’un monogramme indiquant l’appartenance des terres vers lesquelles ces signes étaient tournés. Celle qui se trouve devant la Technopole Montesquieu possède un monogramme croissant de lune correspondant à la ville de Bordeaux (alors comté d’Ornon).

 

voir aussi une anecdote d'après Louis Desgraves

les bornes d'après le Journal de la Promenade

 

* La Route de Montesquieu ®

Il nous est apparu intéressant de dresser sur une carte la diversité des multiples fiefs que possédait le seigneur de La Brède et dont les titres ont été retrouvés le 2 mai 1755, peu après la mort de l’écrivain. D’après Jean Lacouture (les vendanges de la liberté) et Eylaud (les Secondat) .

 

 

 

téléchargez la carte ci dessus concernant quelques unes des nombreuses possessions de l'écrivain en 1755

 

* sur les pas de Montesquieu à Bordeaux

De nombreux lieux évoquent Montesquieu à Bordeaux ... statues, plaques commémoratives, ...jusqu'à l'Office de tourisme qui occupe le rez de chaussée de l'ancien café Montesquieu, lieu de rendez vous du "Tout Bordeaux" depuis Stendhal . voir page ci après pour en savoir plus .

carte postale café Montesquieu

 

 

 

 

 

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