
Lien temporaire :
Il faut se rendre à l'évidence. Pour beaucoup d'entre nous, il y aura cinquante ans l'année prochaine qu'ils ont eu vingt ans et qu'ils ont vécu avec plus ou moins de force et de proximité les évènements de mai 68. A bordeaux, ces évènements avaient été marqués par l'occupation de la Faculté des Lettres, cours Pasteur , l'annulation d'un spectacle de Rudolf Noureev au Mai Musical, l'emprise du sociologue Jean-Paul Abribat sur ses étudiants et l'homérique bagarre entre le philosophe attitré de Semaine SIGMA, Abraham Moles avec le Mouvement Situationnistes dont le théoricien était le cinéaste et philosophe Guy Debord. Florence Mothe effectuait à l'époque ses études de Philosophie à l'Université de Bordeaux III, et se trouvait donc au centre des évènements. C'est en souvenir de cette époque tourmentée qu'elle va proposer du 24 septembre au 17 décembre, chaque dimanche à 17 h au château de Mongenan à Portets une série de conférences intitulée "De l'Etat-spectacle à la société du paraître".
Car force est bien de constater que les contestations émises par les étudiants en Mai 68 et leurs inspirateurs Herbert Marcuse, Carl Rogers, Jacob Moreno, Guy Debord, étaient marquées au coin d'un grand bon sens. Les éléments qu'ils dénonçaient de la société appelée à l'époque "de consommation" l'avaient également été par le Club de Rome. Des penseurs comme Jacques Ellul n'étaient pas loin de leur emboiter le pas. Et malgré ces dénonciations, les choses ne se sont pas arrangées depuis, bien au contraire. Tout ce contre quoi Guy Debord s'élevait dans" La Société du spectacle" a été en s'amplifiant avec les nouvelles technologies et les réseaux sociaux. Le paraître a définitivement remplacé l'être, l'appétit de l'avoir et la corruption ont pris des proportions alarmantes et notre société qui ne tient plus qu'à un fil ne peut se régénérer si l'on n'accepte pas d'en revenir à ces éléments de critique radicale.
Joignant son expérience de journaliste à sa proximité de certains hommes politiques, profuse en souvenirs culturels et en récit d'investigations, Florence Mothe entend décrypter le rendez-vous raté avec Mai 68. Elle y voit un refus de voir la vérité en face, une ultime tentative de replâtrage des idéaux sociétaux du XIX° siècle, et une grande peur vite occultée par le retour des divertissements.
Autant dire que les treize rencontres de Mongenan promettent d'être passionnantes et de livrer, sans langue de bois, des vérités bien actuelles et assez crues pour ne pas être contées dans les salons politiquement corrects.
Dimanche 24 septembre à 17 h: Jacques Debord et la société du spectacle, entrée 10 €, conférence suivie de la dégustation gourmande des vins du domaine, histoire de démontrer que la société de consommation n'a pas que des mauvais côtés.
Renseignements, Château de Mongenan: 05 56 67 18 11