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L'affaire Dreyfus, conférence à Mongenan
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S'il est une affaire emblématique de l'antisémitisme, c'est bien l'affaire Dreyfus que Florence Mothe racontera au château de Mongenan à Portets le dimanche 24 août à 17 h.

Une affaire si célèbre que l'on dira bientôt "l'affaire" pour la désigner après qu'elle ait fait vaciller la République et qu'une seconde affaire se soit nichée dans la première, l'affaire J'accuse d’Émile Zola.

Au départ, l'affaire Dreyfus est relativement simple. Les services secrets français, réputés comme tous les services secrets pour monter sans arrêt des combines foireuses et être peuplés d'intervenants plus ou moins scrupuleux, sont bousculés par une affaire gênante. Un des officiers a revendu, après la guerre de 1870, des documents qu'il prétend secrets à l'ambassade d'Allemagne. La hiérarchie en est informée par une femme de ménage. Le coupable est un personnage peu recommandable, cousu de dettes, qui professe une grande attirance pour les Prussiens. L'enquête est confiée à des membres de l’état-major qui n'ont qu'une idée: la régler en vitesse pour éviter le scandale. L'un d'entre eux, en plus, est spirite, et reçoit des messages de l'au-delà qui accusent un certain capitaine Dreyfus, Alsacien et Juif. Alsacien et Juif ? Admirable! L'affaire est rondement menée malgré les dénégations indignées d'Alfred Dreyfus et un faisceau d'invraisemblances. On n'a pas de preuves ? On en forge. On n'a pas d'expert? On en crée. On condamne Dreyfus à la dégradation et à la déportation à l’ile du Diable. Envoyez, c'est pesé.

Hélas, un certains Picquart reprend l'enquête, malgré la pression des journaux antisémites et finit par se convaincre que tout est faux. La véritable affaire commence car le malheureux Picquart va être mis au ban de l’état-major, incarcéré à son tour. De 1894 à 1899, l'affaire empoisonnera la vie politique française, faisant valser ministres et généraux jusqu'à ce que Zola s'en mêle, interpelle le Président de la République et dévoila le vrai coupable, les compromissions, les tables tournantes et le vaste délire qui a entouré ce malheureux Dreyfus, choisi comme coupable, uniquement parce qu'il tait Juif.

N'y a-t-il que de l'antisémitisme là dedans ? Non. Il y a une atmosphère irrespirable entretenue par des journaux dits "d'opinion', du conformisme, de l'ambition, de vieilles haines recuites, des dissensions politiques et le refus obstiné de la justice, de la police, de l'armée et de l'état-major de reconnaître leurs torts. Une autre affaire Dreyfus est-elle encore possible .? "Oui" répond sans hésiter Florence Mothe qui n'en veut pour preuve que les innombrables ouvrages encore publiés de nos jours qui réécrivent l'affaire en accablant toujours le malheureux Dreyfus.

Considérations sur l'antisémitisme.

Traiter de sujets d'actualité, les enrichir de son expérience personnelle, tenter d'aller au fond des choses et plus particulièrement de celles qu'on cherche à nous cacher, telle a finalement toujours été le moteur de ma vocation de journaliste et les raisons de sa mutation en 1990 quand j'ai estimé qu'il devenait absurde de se contenter de parler de Beethoven et de Xénakis dans un monde qui explosait de toutes parts et surtout quand,, de façon fortuite, la journaliste que j'étais avait obtenu des informations de première importance sur quelques secrets de financements politiques les mieux gardés du pays.
Rangée des voitures depuis plus de dix ans, développant uniquement des activités littéraires, voilà que l'actualité me tire par la manche et me suggère de traiter un sujet qui me taraude depuis l'affaire Papon : l'antisémitisme.
J'observe qu'on l'évoque sans véritables références historiques, sans aller au fond des choses, sans jamais y mêler Montesquieu, Voltaire, Rousseau, Victor Hugo qui y eurent leur part, et sans aller aux textes, dont le Protocole des Sages de Sion, forgerie des services spéciaux du Tsar, dont la connaissance est interdite en France par des décisions de justice imbéciles qui n'ont jamais empêché l'antisémitisme de se développer, loin de là.
C'est pourquoi, après mûre réflexion, j'ai programmé cet été à Mongenan cette série sur l'antisémitisme. Je regrette qu'elle soit à ce point immergée dans l'actualité, mais c'est sans doute un clin d'œil à mon flair journalistique et la preuve qu'il ne m'a pas entièrement quittée, l'âge venant.

Sept conférences de Florence Mothe et un spectacle du 27 juillet au 14 septembre

Dimanche 27 juillet à 17 h : L’antisémitisme, une tradition ?
Dimanche 3 août à 17 h : Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu de Maurice Joly par la compagnie Le clou de Louis
Dimanche 10 août à 17 h : Le protocole des sages de Sion
Dimanche 17 août à 17 h : De Voltaire à Maurras
Dimanche26 août à 17 h : L’affaire Dreyfus
Dimanche 31 août à 17 h : L’affaire Stavisky
Dimanche 7 septembre à 17 h :Michel Onfray et l’antisémitisme des nouveaux temps
Dimanche 14 septembre à 17 h : Wladimir Jankélévitch, le pardon et l’imprescriptible

Rencontres suivies de la dégustation gourmande des vins du domaine
Château de Mongenan, 33640 Portets, Monument Historique privé ouvert à la visite
toute l’année, tous les jours de 14 h à 18h,
Entrée 10 €, visite commentée du musée, durée 1 heure
Jardins classés, roseraie, musée du XVIII° siècle, Temple maçonnique, Vins de Graves
05 56 67 18 11 chateau.mongenan@orange.fr chateaudemongenan.com

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