Plus bas , le texte de Jean Pol Puisné au sujet des lavoirs de Castres -Gironde , travail d'archives municipales

 

puitsLes LAVOIRS par Lacoste et Delpech ( SIGM ) extrait Journal promenade 1999

Des lavoirs communaux sont encore visibles, plus ou moins bien conservés à Cabanac , Castres et à Saint Médard d'Eyrans, à Saint Selve .


Les lavoirs apparaissent en même temps que les mairies, halles ou bains publics, au temps des Lumières, les maires étant devenus responsables de leurs administrés (autonomie budgétaire en 1884) et une prise de conscience collective se faisant de l'importance de la salubrité publique et des principes élémentaires de l'hygiène . La multiplication des lavoirs doit aussi pour beaucoup au progrès technologique : canalisations en fonte permettant l'évacuation voire l'adduction d'eau.
Avantages des lavoirs : ci dessous le lavoir de Cabanac , encore utilisé en 2001 ...mais par une seule lavandière ...( uniquement pour le rinçage de chemises d'homme, car bien qu'utilisant une machine à laver moderne, elle disait que le rinçage au lavoir donnait de la luminosité à son linge...)

lavoir- l'eau est l'objet d'une attention accrue car elle est reconnu comme véhicule d'infection. Or auparavant les femmes allaient laver le linge à la rivière à l'étang ou à la mare communale, l'eau était souillée et servant à de multiples usages, on détermine donc des lieux nouveaux et spéciaux .

- faciliter le travail des femmes (abris, eau courante margelles inclinées en dur pour le battoir et élevées évitant de se courber...), ce qui favorise l'entretien du linge et sa fréquence, dans une période d'apologie de la propreté individuelle. D'ailleurs, cette époque, l'utilisation de "linge de corps" se généralise. Auparavant le lavage avait lieu saisonnièrement, en deux ou trois grandes lessives dites "buées", où l'on lavait le "gros linge". Les berges comportaient au plus quelques pierres plates. Les Landaises utilisaient par contre d'astucieuses planches en bois inclinées (les tos) qu'elles appuyaient à mi-corps et qui leur permettaient de rester debout. Les margelles ne sont cependant pas toujours assez élevées et les femmes apportent leur "carrose", boites garnies de paille ou de chiffons pour s'agenouiller.

sme lavoirUn crédit de 600 000 francs fut ainsi voté par l'Etat en 1851 pour aider les communes à s'équiper, en particulier ,en direction des classes laborieuses . Les Départements surtout offraient des subventions abondantes. Le financement fut parfois difficile pour les petites communes (achat du terrain, construction, assurance). On peut se demander s'il n'y a pas eu dans le secteur comme parfois ailleurs, des dons de familles (riches, et des des recettes de vente de bois communaux. Chaque villes et villages se sont dotés de lavoirs à cette époque. Il y en eu plusieurs par village, comme ici dans les hameaux et les quartiers (par exemple à Saint Selve il y en reste encore 4: à Civrac, au bourg, à Larnavey et à Jeansotte . Leur localisation, en général en périphérie de l'habitat, obéit à certaines contraintes : ce rendez-vous des lavandières occasionne des problèmes de voisinage avérés , tapage et encombrement des voies (brouettes, bacs ...) ; eaux sales et difficiles à évacuer s'ils sont en plein centre mais sans être trop éloigné pour limiter la marche des femmes. Ils doivent être sur le domaine public et s'associent souvent à d'autres éléments communautaires dans un schéma d'aménagement (halle, fontaine, abreuvoir, mairie...), si ce n' est l'école, à cause des bavardages des lavandières. Bien sûr dans le canton, la localisation répond aux nombreuses sources et rivières disponibles.
Les lavoirs vont de la simple auge de pierre à d'authentique sanctuaires (Bourgogne, certains privés type couvent, etc.), mais ils obéissent toujours à des normes fonctionnelles et utilitaires. Ils sont toujours réalisés par des professionnels, afin d'être économiques et fiables dans le temps. La généralisation des commandes de lavoirs et leur localisation à l'extérieur des villages ont entraîné une banalisation des constructions. Quelques modèles se répandent, dont celui dit "à palatin" que l'on trouve ici : petite halle, composé d'un bassin abrité par une toiture à deux versants soutenue par une charpente posée sur poteaux. Les matériaux sont solides:
- margelles si possible en pierre (dur pour recevoir le battoir) et préférée au ciment. Souvent aussi dallage du sol et bassin en pierre. Canalisations d'arrivée et d'évacuation étaient aussi en pierre avant l'arrivée de la fonte.
- charpente et ossature sont en bois brut de scie plutôt que raboté, pour la longévité. Il y a des barres d'égouttage du linge. Les margelles étaient parfois en bois (comme le tos des Landaises ), en chêne ou en chataignier, très résistant à l'humidité. La fonte se répand vers 1880 (baisse des coûts de production et de meilleure qualité), on la retrouve dans les canalisations, les poteaux et les sablières des charpentes.
Les lavoirs étaient des espaces de vie dans les communes, bruyants, le lieu des femmes. Ce sont aujourd'hui des lieux de mémoire, silencieux et reposant, à la rencontre de l'eau mystérieuse au fort pouvoir d'attraction, un petit patrimoine collectif que l'on voudrait conserver.

 

Travail d'archives par Jean Pol Puisné

 

lavoirs castres frÀ Castres, il y eut deux lavoirs, l’un le long de la rue du Port qui existe toujours. Je crois qu’il a été rénové dernièrement.

L’autre dit le lavoir de Poneillan situé sur un bras du Gat-Mort qui a très peu été utilisé et dont il ne reste que quelques pierres éparpillées.

1838  La commune a fait construire à grands frais il y a quelques années une fontaine et un lavoir dans un terrain situé entre le chemin qui conduit au port et la propriété de la veuve Dussaq. Ils sont mal construits et le fossé qui permet aux eaux de la fontaine de s’écouler est obstrué d’arbres, ce qui est une gêne pour les habitants qui ont besoin d’eau quotidiennement.

1846  Les réparations faites au lavoir sont insuffisantes, il s’ensable on ne peut plus y laver et en plus les eaux de la marée s’y introduisent presque une fois par jour, il n’est pas fermé. Comme c’est le seul lavoir de la commune, les travaux sont indispensables.

1847  Les travaux du lavoir ont été adjugés selon les devis pour 112F le 29 août dernier, mais il n’est pas assez profond et il faut le carreler. Un ouvrier peut faire le travail pour 80F. Faire carreler en pierres ou en carreaux de grandes dimensions en ménageant les sources qui se trouvent dans le lavoir.

1853  Réclamation des devis estimatifs pour construction d’un lavoir à Poneillan.

7 Mars 1858  Le Préfet demande une délibération du CM pour obtenir l’autorisation de construire un barrage sur le Gât-Mort pour faire un lavoir indispensable à la commune au lieu-dit Poneillan (il est établi depuis plusieurs années mais doit être aménagé pour ne pas couper le cours du ruisseau)

1859  Aliéner le vacant entre route impériale et le jardin du sieur Cassaigne pour couvrir les dépenses urgentes de la commune et surtout la construction du lavoir à Poneillan.

1865  Demande de dispense d’une somme de 36.68F au budget supplémentaire sur le titre études et devis pour la construction du lavoir

1877  De Théobon Maire, plainte des sieurs Dillaire, Rouquey et Ameau qui demandent la démolition de 2 barrages établis sur le ruisseau ancien Gat Mort et du lavoir de Poneillan qui inonde leurs terres. Accordé,  Mais le lavoir étant utile sera reconstruit de façon à donner satisfaction à tous. Marché conclu avec le sieur Peyrebelle entrepreneur de TP pour 100F

1881 Demande de déclaration d’utilité publique du lavoir de Poneillan pour y faire les appropriations nécessaires, la commune n’ayant pas de lavoir publique.

20 oct 1884  Souscription de 376,95F en faveur des lavoirs publics du Bourg et de Poneilhan

1885 Compte présenté par M. Pan pour la couverture des lavoirs publics 512F.

 

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