D'accord ? Pas d'accord ? L’écologie souriante est-elle possible ? par Florence Mothe , membre des 150 participants de la Convention citoyenne pour le climat , 1° réunion les 4, 5 et 6 octobre-

convention citoyenne 2L’écologie souriante est-elle possible ?

« Le gouvernement hésite. Il cherche le courage pour y aller. Il guette l’approbation. » Cet aveu a été proféré samedi devant les cent cinquante membres de la Convention citoyenne pour le climat réunis à Paris au Palais d’Iéna par Laurence Tubiana, ancienne conseillère de Lionel Jospin et de Laurent Fabius, co-organisatrice avec Thierry Pech, fondateur du think-tank Terra Nova, de la Convention. (voir la biographie de Florence Mothe). Voir plus bas un bref résumé de l'objectif de la convention citoyenne.

Clic sur  bref résumé de l 'objectif de la convention

Ci après texte de Florence Mothe

"Durant ce premier week-end, les conventionnels ont eu, en effet, l’impression assez désagréable d’avoir été invités à réfléchir sur des problèmes dont la solution avait déjà été arrêtée, si ce n’est adoptée.
Il a été clair, en effet, dans le discours – au demeurant assez médiocre- d’Edouard Philippe qu’une part majorée du nucléaire dans l’énergie était déjà actée. Le Premier Ministre a expliqué que la nucléaire était moins polluant que le pétrole et le charbon, qu’il était globalement moins cher que les autres énergies, et qu’il assurait en outre l’indépendance énergétique de la France. De même, il est clair qu’un rétablissement majoré de la taxe carbone est déjà décidé pour les mois qui viennent et que la Convention est priée de statuer dans ce sens.

Le sentiment qui se dégage de la réflexion des conventionnels qui ont tous fait un gros effort de préparation des débats et d’attention à ceux-ci, quels que soient leur origine, leur profession, leur âge, ou leur niveau d’étude, est que cette réunion, présentée comme une assemblée expérimentale  devant changer les règles du dialogue démocratique et aboutir à une  forme législative  transmise  sans filtre , était, en fait, le moyen de faire porter la responsabilité de mesures impopulaires à une délibération collective ayant, par conséquent, force de loi.

Les organisateurs, néanmoins, en sont parfaitement conscients, même s’ils prétendent que la manière qui nous est proposée de délibérer de manière institutionnelle à travers un tirage au sort choisi par algorithme mettra fin à « une promesse démocratique trahie depuis deux cents ans ».
Ce vaste programme expérimental est donc, on le voit, encore plus ambitieux que l’exercice de la transition énergétique.

Celle-ci peut-elle se faire dans le cadre d’une «  écologie souriante » ? D’évidence, rien n’est moins sûr quand on sait qu’une autre mesure, manifestement déjà dans les tuyaux, consisterait à faire supporter aux entreprises un « forfait mobilité » de 400 € annuels récompensant les salariés « bons élèves » qui utiliseraient les transports en commun ou le co-voiturage.

Durant ce premier week-end, l’impression qui s’est également dégagée est que l’analyse du problème écologique est faite par des sachants, adoptant la même position, et refusant d’emblée toute solution innovante. J’ai personnellement posé à Mme  Valérie  Masson-Delmotte, paléoclimatologue, la question de savoir ce qui avait causé la petite glaciation ressentie au XVIII° siècle qui avait amené Montesquieu à reprendre les travaux d’Hippocrate et d’Aristote sur la théorie des climats. La réponse a été fort claire : « La baisse de température ressentie en France au XVIII° siècle est due à une série d’éruptions volcaniques  dont les particules ont créé un filtre naturel au rayonnement solaire. »
Mais à la question : « Ne peut-on pas doper de manière expérimentale cette activité volcanique et récupérer du même coup l’énergie contenue dans la lave ? » la réponse est plus floue : « Ce n’est pas envisagé car ce serait traiter le mal par le mal. »
Aux yeux des scientifiques bien-pensants, il n’y a donc qu’une solution : faire du vélo et empêcher les vaches de produire des gaz à effet de serre.
Or, toute l’histoire de la science démontre qu’elle n’a évolué qu’à travers des théories marginales et au départ si ce n’est interdites, du moins controversées.
Pourtant le constat est péremptoire : le réchauffement climatique a commencé en 1750 sous l’influence des pollutions industrielles et il est actuellement d’1% tous les cent ans alors qu’il devrait l’être d’1% tous les mille ans. Mais on oublie de dire qu’il évolue encore aujourd’hui en raison de la force d’inertie  climatérique qui est d’environ trente ans après restauration  de la couche d’ozone. Or, ses lésions ont commencé à décroitre en 1990, et nous n’en ressentons pas encore les effets.

Pour autant, la France continue à produire 6,6 tonnes de gaz carbonique par personne et pas an. 27% de son littoral est guetté par l’érosion, et malgré cela, aucun d’entre nous ne peut encore mesurer son propre bilan carbone. Si les choses restent en l’état, nous entrerons sous peu dans le territoire inconnu d’un climat différent avec la prolifération d’algues toxiques, de moustiques qui obéreront les limites physiologiques humaines déjà atteintes dans certains pays tropicaux.
« Ce que sera la France en 2050, c’est à vous de me le dire » confesse Edouard Philippe dans un magnifique aveu d’impuissance.
Au fond, la Convention citoyenne est pour le gouvernement un moyen commode de contrebalancer les lobbys, industrie automobile et grande distribution. Il serait simple d’interdire la vente des produits préemballés. Il serait simple de prendre une Loi Evin interdisant la publicité sur les cross over et les 4/4. Mais ce serait contrarier des gens bien puissants, et il vaut mieux, par conséquent, n’adopter aucune stratégie nationale, proposer des mesures fragmentaires, laisser les élus artificialiser les sols et ne pas intégrer le problème du climat dans les décisions publiques.

A dire vrai, la population de la France représente en tout et pour tout trois villes chinoises. Aussi la Convention citoyenne pour le climat devra-t-elle sans doute, faute de mieux, se contenter d’avoir valeur d’exemple." fin de citation.

Florence Mothe (assise  au premier plan sur la photo)



L'objectif de la convention est de redessiner les mesures concrètes d’aides aux citoyens dans la transition climatique et de définir des mesures complémentaires (ainsi que leur financement) pour permettre à la France d'atteindre ses objectifs écologiques, notamment celui de baisser les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40 % en 2030 par rapport à 1990.
Rester sous le seuil des 1,5 °C de réchauffement depuis l’ère préindustrielle.

Les propositions qui émaneront de la convention citoyenne seront soumises soit au vote du Parlement, soit à référendum, ou donneront lieu directement à des mesures réglementaires.
À cette fin, les citoyens devront formuler des propositions précises, sous forme de projets de dispositions législatives ou réglementaires.

Un appui technique et juridique sera mis en place pour assurer la transcription juridique des propositions formulées par les citoyens.

Les propositions qui émaneront de la convention citoyenne seront soumises soit au vote du Parlement, soit à référendum, ou donneront lieu directement à des mesures réglementaires. À cette fin, les citoyens devront formuler des propositions précises, sous forme de projets de dispositions législatives ou réglementaires.


1 question
Comment réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40 % d’ici 2030, dans un esprit de justice sociale ?

1 objectif
Définir des mesures qui seront soumises sans filtre soit au référendum, soit au vote du Parlement, soit appliquées par voie réglementaire.

Les propositions pourront donc concerner tous les secteurs responsables du changement climatique et affecter la vie quotidienne des Français :
•    le transport,
•    l’agriculture,
•    la consommation,
•    le logement
•    le travail…

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