
Élégant, raffiné, bon époux et cependant boxeur, béké et alsacien, seul homme à voir deux fois par jour le Général de Gaulle, disposant de bureaux secrets dans tout Paris, dirigeant d'une main de fer des services non moins secrets ou, en tout cas, opaques, tel apparait ce terrible M. Foccart qui, malgré son laconisme, a fait couler beaucoup d'encre. Il sera le personnage principal de la troisième conférence que Florence Mothe donnera le dimanche 11 octobre à 17 h au château de Mongenan à Portets (Gironde) dans la série "Le S.A.C., sa vie son œuvre".
Le paradoxe est que, le dirigeant, Jacques Foccart n'apparaissait pas sur l'organigramme du S.AC. , comme les réseaux qu'il avait fondés, selon Roger Frey, n'existaient pas davantage, n'étaient par conséquent financés par personne, les barbouzes étant, on le sait, de rands bienfaiteurs de l'humanité. Le conseiller des l’Élysée aux Affaires africaines et malgaches affirmant d'ailleurs sans rire dans son témoignage au Tribunal de la Seine après l'affaire ratée du Bénin : : "Je n'ai jamais rencontré M. Bob Denard, mais j'en ai beaucoup entendu parler."
Dans la grande lignée des Concini, des Talleyrand, des Fouché, Foccart s'inscrit donc pari les plus grands serviteurs de l'ombre que la France ait connu et dont l'historien peut se demander avec raison si leur influence fut bénéfique ou néfaste. De ses débuts controversés en Mayenne, de l'opération Tortue à l'organisation Todt, à ses frasques innombrables en Afrique, du Biafra au Gabon, de la french connection aux tueurs du Gal, on en prête beaucoup à Foccart tant il est vrai qu'on n'en prête qu'aux riches. Pour tirer le vrai du faux, une présence au château de Mongenan s'impose.
Renseignements: château de Mongenan : 05 56 67 18 11. Conférence suivie de la dégustation gourmande ds vins du domaine. Entrée 10 €.
L'histoire immédiate s'écrit à chaud, sur l’évènement, sans la distance de réflexion nécessaire que cette discipline impose. L'histoire moderne peut encre recueillir le témoignage de quelques rares survivants et entr'ouvrir les archives si elles ont été déposées sans caviardage ni censure.l'Histoire avec un grand H, est souvent inféodée aux documents conservés et obnubilée par le souci de ne pas démentir les grands anciens, les maîtres, la hiérarchie universitaire soucieuse d'écrire une Histoire convenable, même à deux siècles de distance.
Ayant passé plus de vingt ans à réfléchir sur l'affaire Boulin, Florence Mothe a été amenée à entreprendre une étude beaucoup plus vaste sur la sensibilité des différentes formes de gaullisme, leur évolution de la Libération à 1981, les hommes qui les ont animées et les sources de financement auxquelles ils ont forcément eu recours pour exprimer et promouvoir leur opinion. C'est ainsi qu'elle s'est intéressée au SAC, si vilipendé après la tuerie d'Auriol sur laquelle on n'a jamais vraiment fait la lumière, laissant à cette "part d'ombre du gaullisme" le rôle bien commode de groupe de voyous constamment et régulièrement épurés. Et si le SAC avait eu une toute autre fonction ? S'il avait été plus important qu'on ne le pense, tant en France, qu'à l'étranger ? Si pour une raison qu'on ignore encore , mais qui est sûrement d'état, les socialistes, dans leur commission d'enquête parlementaire, s'étaient contenté d’effleurer le sujet, se bornant à collationner poliment des mensonges énormes du type "Nous sommes tous des militants bénévoles uniquement unis par le compagnonnage"?
Treize conférences, données chaque dimanche à 17 heures au château de Mongenan à Portets, du 27 septembre au 20 décembre sous le titre "Le SAC, sa vie, son œuvre ", ne seront pas trop nombreuses pour tenter de percer les mystères d'une période fascinante sur laquelle, cela n'étonnera personne, on nous a beaucoup menti.
Étant donné le caractère particulièrement délicat du propos, le sujet précis de chaque conférence ne sera dévoilé qu'une semaine après l'autre. La première conférence, dimanche prochain 27 septembre racontera la naissance du Service d'Ordre gaulliste. Elle est intitulée "Des compagnons aux Prétoriens".
Renseignements: château de Mongenan, 33640 Portets, 05 56 67 18 11, conférence suivie de la dégustation gourmande des vins du domaine.