
On ne peut ni expliquer, ni comprendre, les dérives ultérieures du SAC si l'on ne remonte pas à sa genèse, dans les années précédant 1958, et si on ne rappelle pas quels furent les efforts des militants pour le retour au pouvoir du Grand Charles dans la cadre du Plan "Résurrection "
Certes, l'appel au Général de Colombey a été majoritaire au moment de l'agonie de la IV° république; Mais il a fallu que de nombreux intervenants - certains qu'on ne s'attendrait pas trouver là comme Michel Poniatowski ou le Colonel Paillole - se mettent à comploter avec tous les moyens adéquats pour s'assurer d'une victoire demeurée longtemps incertaine.
On ne fait pas de politique sans argent. Où le trouver quand on n'est pas au pouvoir ? C'est l'équation qu'eurent à résoudre les gaullistes, obligés de faire appel à des moyens plus ou moins licites et à des sponsors peu ou pas recommandables.
La victoire étant acquise, il a fallu 'pacifier", c'est à dire faire appel pour lutter d'abord contre le FLN, puis ensuite contre l'OAS à des "professionnels". L'heure des gorilles avait sonné. Les barbouzes triomphèrent.
Dans sa deuxième conférence sur le thème "Le S.A.C., sa vie son œuvre", donnée au château de Mongenan à Portets le dimanche 4 octobre à 17 h, Florence Mothe fera revivre ces heures fiévreuses et ressuscitera les artisans de la victoire, Léon Delbecque, Jacques Soustelle, les hésitations du Général Salan et les espoirs de la population du Forum qui ne tarderont pas à être déçus.
Renseignements: château de Mongenan, 05 56 67 18 11, conférence suivie de la dégustation gourmande des vins du domaine, entrée 10 €.
L'histoire immédiate s'écrit à chaud, sur l’évènement, sans la distance de réflexion nécessaire que cette discipline impose. L'histoire moderne peut encre recueillir le témoignage de quelques rares survivants et entr'ouvrir les archives si elles ont été déposées sans caviardage ni censure.l'Histoire avec un grand H, est souvent inféodée aux documents conservés et obnubilée par le souci de ne pas démentir les grands anciens, les maîtres, la hiérarchie universitaire soucieuse d'écrire une Histoire convenable, même à deux siècles de distance.
Ayant passé plus de vingt ans à réfléchir sur l'affaire Boulin, Florence Mothe a été amenée à entreprendre une étude beaucoup plus vaste sur la sensibilité des différentes formes de gaullisme, leur évolution de la Libération à 1981, les hommes qui les ont animées et les sources de financement auxquelles ils ont forcément eu recours pour exprimer et promouvoir leur opinion. C'est ainsi qu'elle s'est intéressée au SAC, si vilipendé après la tuerie d'Auriol sur laquelle on n'a jamais vraiment fait la lumière, laissant à cette "part d'ombre du gaullisme" le rôle bien commode de groupe de voyous constamment et régulièrement épurés. Et si le SAC avait eu une toute autre fonction ? S'il avait été plus important qu'on ne le pense, tant en France, qu'à l'étranger ? Si pour une raison qu'on ignore encore , mais qui est sûrement d'état, les socialistes, dans leur commission d'enquête parlementaire, s'étaient contenté d’effleurer le sujet, se bornant à collationner poliment des mensonges énormes du type "Nous sommes tous des militants bénévoles uniquement unis par le compagnonnage"?
Treize conférences, données chaque dimanche à 17 heures au château de Mongenan à Portets, du 27 septembre au 20 décembre sous le titre "Le SAC, sa vie, son œuvre ", ne seront pas trop nombreuses pour tenter de percer les mystères d'une période fascinante sur laquelle, cela n'étonnera personne, on nous a beaucoup menti.
Étant donné le caractère particulièrement délicat du propos, le sujet précis de chaque conférence ne sera dévoilé qu'une semaine après l'autre. La première conférence, dimanche prochain 27 septembre racontera la naissance du Service d'Ordre gaulliste. Elle est intitulée "Des compagnons aux Prétoriens".
Renseignements: château de Mongenan, 33640 Portets, 05 56 67 18 11, conférence suivie de la dégustation gourmande des vins du domaine.