C'est par dérision qu'on les appelait fauves, c'est par intellectualisme qu'on les nomma cubistes. Dans les dix années précédant la Première Guerre Mondiale, ces jeunes peintres alors presque inconnus des amateurs de l'époque bouleversèrent le paysage pictural de leur temps. Les impressionistes furent balayés d'un pinceau rageur et plein de couleur par les iconoclastes Matisse, Vlaminck, Braque ou Marquet. Les dames du monde se voilaient la face et s'écriaient: "Je paierais pour ne pas voir cela accroché dans mon salon!".On les prétendait outranciers, instinctifs. On les qualifiait de "chromatiques" comme si c'était un vilain mot. Ils avaient rompu avec l'esthétique de la bohème de Montmartre, mais ni avec son quartier, ni avec ses moeurs. Ils n'allaient pas tarder à préférer Montparnasse où on les traiterait moins de fumistes, de déments et de scandaleux. Tous se renvendiquaient comme fils de Van Gogh et de Cézanne. Vlaminck proclamait "Je déteste les odeurs de musée. La peinture crève de l'excès de culture."
Florence Mothe retracera le dimanche 24 novembre à 17 h au Château de Mongenan à Portets l'éblouissant et trop bref sillage de cette école de peinture. Le fauvisme ne dura que cinq ans. Puis, vint immédiatement le cubisme, toujours avec Braque, bientôt rejoint par Picasso, Delaunay, Léger, Gleizes, Juan Gris. Ceux-là étaient des intellos. A la peinture d'instinct, ils substituèrent le fractionnement de l'espace, la multitude des points de vue. Ils vivaient toujours de la même manière, la société les rejetant. Ils furent les grands devanciers de l'art du XX° siècle. Le monde entier nous envie aujourd'hui ces peintres qui firent de Paris la capitale artistique du monde. Leur oeuvre méritait bien un hommage dans cette série expliquant les bouleversements qui ont précédé la Guerre de 1914.
Château de Mongenan 33640 Portets. Renseignements 05 56 67 18 11. Entrée 10 euros, gratuit jusqu'à 12 ans