Parmi tous les salons littéraires qui ont fleuri au XVIII° siècle, un des plus animés fut celui de Suzanne Necker au moment où son mari était premier ministre de Louis XVI. Rien ne prédisposait cette fille de pasteur suisse à règner sur l'intelligentsia parisienne. Elle aurait probablement vécu dans l'anonymat si son mari n'avait fait, en quinze ans, la plus grosse fortune d'Europe. Devenue son faire valoir et sa meilleure attachée de presse, Suzanne Necker, poussée par sa fille Louise qui deviendra Germaine de Staël, se mit à recevoir les beaux esprits. Buffon, Grimm, Mably, Bernardin de Saint Pierre, Diderot, d'Alembert et le tout-Paris de la finance et de la vanité se mirent à fréquenter ce salon, bientôt le plus couru d'Europe. Dire qu'on n'y parlait que de littérature serait mentir. On y faisait et défaisait les gouvernements, on y décidait de fructueux coups de bourse et on y préparait avec ardeur la Révolution sans se douter un seul instant qu'on serait emporté avec elle.
Dimanche 3 mars à 17 h au Château de Mongenan, Florence Mothe racontera l'étonnante coterie Necker, cette famille bourgeoise pratiquant l'admiration mutuelle, l'encensoir permanent, rigoriste, calviniste et inventant aussi les raports incestueux de l'éthique protestante et de l'esprit du capitalisme.
Château de Mongenan, 05 56 67 18 11 Entrée 10 euros, gratuit jusqu'à 12 ans.