A Mongenan: l'amour, toujours l'amour... Château de Mongenan 33640 Portets Renseignements 05 56 67 18 11
"Je vous aime, Monsieur, comme l'on doit aimer, c'est à dire dans le désespoir"... Après avoir évoqué Mme de Tencin, la Duchesse du Maine et Mme du Deffand, Florence Mothe s'intéressera le dimanche 27 janvier à 17 h au cas de Melle de Lespinasse. Cas épineux s'il en est d'une jeune femme, en pleine époque du libertinage, qui invente le grand amour romantique et prétend l'éprouver au milieu des philosophes, écrivains, encyclopédistes et autres beaux esprits.
Ni sa beauté, ni sa naissance incertaine ne la prédisposaient à inventer l'amour fou. Et pourtant... Choisie comme dame de compagnie par sa tante, Mme du Deffand, au moment où elle devenait aveugle, Julie se voit réduite à jouer les utilités dans un salon où dînent chaque soir Montesquieu, Marmontel, d'Alembert, Condorcet, Turgot ou Condillac.Ce n'est pas le sensualisme mis à la mode par ce dernier qui l'inspire, mais une passion qu'éprouveront plus tard les héroïnes de Victor Hugo. L'égérie de l'Encyclopédie se voue d'abord à d'Alembert, puis s'éprend du Marquis de Mora, fils de l'Ambassadeur d'Espagne et enfin de Guibert pour lequel elle brûle d'une passion sublime. Consummée par ce sentiment, éperdue d'angoisse et de désespoir, malheureuse autant qu'on peut l'être, Julie de Lespinasse ne survivra pas au mariage de Guibert et mourra d'amour à quarante trois ans. C'est la veuve de Guibert qui publiera, après la mort de ce dernier, son extraordinaire correspondance avec sa maîtresse, situation comparable à celle qui revéla la passion partagée entre Montaigne et La Boétie que le premier poura résumer d'une seule phrase : "Parce que c'était lui, parce que c'était moi"...