Visite de l'église par l'association ESPACE, qui oeuvre pour sa sauvegarde après s'être préoccupé de sa restauration . Voir son site eyransespace.free.fr. http://georges.montiel.free.fr/
voir le descriptif de cette église sur notre site
l'église par Jean Claude de Anne Marie Caron en 1996 :
Saint-Médard d'Eyrans
L'église s'élève sur un tertre à proximité d'un petit ruisseau, le Milan. Ce n'est pas là son emplacement primitif, en effet cette jolie petite église à abside romane a été déplacée puis remontée au début du XVIIe siècle car construite dans le palus elle était trop souvent inondée. Les fondations de cette ancienne église ont été retrouvées en 1785 près d'un vieux moulin. L'église actuelle a depuis été restaurée à plusieurs reprises, notamment au milieu du XVIIIe siècle, en 1850 par l’incontournable Gustave Alaux (La Brède, Beautiran) puis vers 1900, aujourd'hui une restauration est encore nécessaire et débutera sans doute par l'assainissement des fondations. Encore entourée de son cimetière bâti à l'emplacement du vieux cimetière mérovingien, ce qui explique le nombre de sarcophages de pierre découverts alentour, elle a conservé son clocher-mur aux deux cloches apparentes mais malgré tout ne fait l'objet d'aucun classement. Monsieur JM Eygretaud nous fait visiter tout en essayant très aimablement de satisfaire notre curiosité et nous apprenons qu'une tradition veut qu'un souterrain parte de l'église en direction du château d'Eyrans puis vers le marais mais aucune trace n'en a été retrouvée et nous n'en saurons hélas pas plus. Dès l'entrée le regard est immanquablement attiré par le lumineux vitrail du chœur, les vitraux sont datés de 1863. Ce qui frappe aussi c'est l'abondance d'inscriptions lapidaires, ces curieux ex-voto de pierre sont d'ailleurs au centre d'une polémique car le système d'accrochage de certains d'entre eux, en raison de leur poids, donne des signes de faiblesse et dans le projet de rénovation il est envisagé d'en enlever un grand nombre pour revenir à plus de sobriété. Ce projet est loin de plaire à tout le monde et soulève des protestations vives et nourries, il est vrai que ces plaques gravées témoignent d'un passé encore vivant. La décoration murale comporte aussi des céramiques représentant des oiseaux, des fleurs de lys etc…
Dans le chœur ce sont deux colombes entourant un calice qui retiennent le regard, ce style de décoration semble unique dans notre région. Les statues sont encore très nombreuses pourtant beaucoup ont été enlevées et stockées ailleurs pour diverses raisons dont la principale est la sécurité. En effet certaines statues sont descellées, quelques-unes même sont tombées entraînant la fermeture de l'édifice pendant plusieurs mois. Nous remarquons une belle Vierge à l'Enfant, en bois et sur le côté droit un Saint Pierre assis sur un trône, en bronze creux. Il y a aussi un reliquaire, sans doute celui contenant le cœur du marquis de Pontac que nous trouvons mentionné dans certains ouvrages. Enfin il ne faut pas oublier de signaler le grand nombre de blasons dont l'ancien blason de la ville.Dans la sacristie nous remarquons surtout deux anciens vitraux de couleur rouge en forme d'écu. Sur le vitrail de gauche on peut voir un bâton, deux coquilles et deux grenouilles, sur celui de droite un globe et deux grenouilles, on retrouve tous ces éléments sur le blason actuel de Saint-Médard-d'Eyrans.De 1747 à 1772 l'église a subi une très importante restauration car elle commençait à tomber en ruine, c'est de cette époque que date le presbytère. Ce qui n'empêcha pas église et presbytère de se trouver encore en très triste état vers 1830 et il fallut encore restaurer pour qu'un curé puisse être nommé. Ce nouveau curé était un ancien franciscain espagnol, Martin Merino, qui n'a pas sans doute rempli exactement sa mission puisqu'il fut interdit en 1840. Revenu dans son pays le deux février 1852 il attentat à la vie de la reine d'Espagne en la blessant d'un coup de poignard, il fut très rapidement jugé et exécuté cinq jours plus tard.Il y a une autre anecdote concernant cette église : pendant une période troublée, la Révolution, on a fait cuire un bœuf entier dedans, cet incident est encore relaté par des Saint-Médardais qui, allez savoir pourquoi, restent volontairement dans le flou quant au nom des participants.